. . .
There are no translations available.

L'épopée est la poésie de l'histoire

Lilyan Kesteloot

Chercheur à l'IFAN
Université de Dakar
 

La geste Hilalienne que publient les éditions Alfabarre (et Gebo, est une nouvelle version et sans doute la plus longue 3 volumes) d'une œuvre qui nous fut révélée il y a vingt ans par le beau travail bilingue du tunisien Ayoub (Classiques Africains – Julliard).


L'histoire des tribus nomades beni Hilal se deroule au XI e siècle. C'est au mouvement de migration qui part de l'Arabie vers l'Egypte, suite à l'assèchement des pâturage et des puits des tribus nomades qui y demeuraient.
Cette migration est d'abord encouragée par le Califat fatimide d'Egypte, qui compte se servir de ces populations contre l'Emir de l'ifrikia (Tunisie) qui avait fait allégeance au Califat abbasside – Problème de querelle interne entre les 2 familles islamiques.
Ces nomades Beni Hilal prennent donc le chemin de l'Afrique, traversent le Nil, traversent l'Egypte et s'installent dans « la verte Tunisie ». En masse. Avec femmes, enfants, chameaux et bagages.
L'émir El Moiziz Ben Badis – appelé Al Allam dans l'épopée, essaye d'abord de s'allier ces migrants, signe avec eux un traité, leur propose des terres et des épouses, et un travail dans son armée contre la rébellion des Sanhadja de l'Ouest. Mais bientôt les Hilaliens rompent le traité et razzient leurs voisins.
L'émir décide de s'en débarrasser et marche contre eux avec son armée de trente mille hommes. Bien que dix fois moins nombreux les Hilaliens arrivent à vaincre l'armée de l'Émir, qui finalement est battu et va se réfugier dans la ville fortifiée de Kairouan.


Les Hilaliens vont alors mettre le pays en coupe réglée, razziant les gens et les biens, s'installant en principautés indépendantes, et ne cessant de se battre entre eux. Ce sera leur perte. Ils seront écrasés à leur tour par le successeur de l'Émir, Abdelmoumen Ibn Ali ; et obligés désormais de se soumettre au régime de ce dernier.
L'épopée met en évidence Al Allam et son oncle Khalifa le Zénète du coté tunisien, et Hassan le Dridite avec Abou Zid du coté hilalien. Bien que se passant dans un contexte de tensions religieuses leur guerre n'est pas une djihad. Il s'agit donc bien d'une épopée féodale dynastique. L'épopée exalte les valeurs de courage et d'héroïsme de ces nomades, mais aussi la science et la sagesse du chef tunisien visiblement plus raffiné que ses adversaires. Il y a en particulier un beau rôle de femme, Jazia la Hilalienne qui séduira l'Émir pour le rendre favorable à ses frères. Enfin émerge Dhiab traître et magicien qui bien que hilalien va combattre les siens, les tribus arabes... il sera pendu après sept ans d'errance. L'épopée ne répercute pas la vraie fin de l'histoire. Elle s'arrête avant la défaite finale des Hilaliens, et propose une sorte de modus vivendi entre ceux-ci et les Tunisiens. Comme toutes les épopées, la geste hilalienne manipule l'histoire, lui ajoute du merveilleux, du lyrisme, mes actes de bravoure, des intrigues, et des héros hors du commun. L'épopée est la poésie de l'histoire.


La version proposée par Abdou Rahmane Al Abnoudi est celle du poète égyptien d'aujourd'hui, reconnu comme un des meilleurs dans son pays. Sa traduction est belle et lumineuse.

Nous regrettons seulement que l'ouvrage n'en propose que des extraits. A quand l'édition de l'intégrale ?


L'épopée met en évidence Al Allam et son oncle Khalifa le Zénète du coté tunisien, et Hassan le Dridite avec Abou Zid du coté hilalien. Bien que se passant dans un contexte de tensions religieuses leur guerre n'est pas une djihad. Il s'agit donc bien d'une épopée féodale dynastique. L'épopée exalte les valeurs de courage et d'héroïsme de ces nomades, mais aussi la science et la sagesse du chef tunisien visiblement plus raffiné que ses adversaires. Il y a en particulier un beau rôle de femme, Jazia la Hilalienne qui séduira l'Émir pour le rendre favorable à ses frères. Enfin émerge Dhiab traître et magicien qui bien que hilalien va combattre les siens, les tribus arabes... il sera pendu après sept ans d'errance. L'épopée ne répercute pas la vraie fin de l'histoire. Elle s'arrête avant la défaite finale des Hilaliens, et propose une sorte de modus vivendi entre ceux-ci et les Tunisiens. Comme toutes les épopées, la geste hilalienne manipule l'histoire, lui ajoute du merveilleux, du lyrisme, mes actes de bravoure, des intrigues, et des héros hors du commun. L'épopée est la poésie de l'histoire.

Lilyan Kesteloot
Chercheur à l'IFAN
Université de Dakar

clé des chants - lire

.....

je me logue



Who's Online

يوجد حالياً 151 زائر على الخط
OS : Linux w
PHP : 5.2.17
MySQL : 5.0.90-log
الوقت : 04:07
استخدام الذاكرة الوسيطه : يعمل
GZIP : معطل
الأعضاء : 109
المضمون : 152
دليل المواقع : 3
عدد الزيارات لرؤية المضمون : 699960

adSense

Lettre d'Info

French (Fr)Deutsch (DE-CH-AT)Italian - ItalyPortuguês (pt-PT)English (United Kingdom)Español(Spanish Formal International)Arabic(Arab World)